"Je travaille sur les sous-terrains mais ma lettre porte sur le ciel"

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21
Março 2016

J’ai rencontr√© Pedram durant un cours de fran√ßais de l’association Langophonies dont les locaux se trouvent au coeur du quartier du Blosne √† Rennes. Marjolaine, qui fait partie des fondatrices de l’association, et qui enseigne en son sein, m’a effectivement permis d’assister √† plusieurs s√©ances durant lesquelles la question de la lettre a √©t√© abord√©e avec les apprenants. Ces derniers ont ainsi √©tudi√© les productions d’un pr√©c√©dent projet de L’√Ęge de la tortue, Partir (deuxi√®me volume), puis se sont vu proposer de participer √† L’encyclop√©die des migrants.

Suite √† un √©change collectif sur le projet durant ce cours, Pedram et moi avons discut√© et il a d√©cid√© de participer. Nous nous sommes ensuite rencontr√©s √† plusieurs reprises pour parler de son parcours, de ses √©tudes puisqu’il fait un doctorat en cotutelle entre les universit√©s de T√©h√©ran et de Rennes, mais aussi du projet et des implications de la distance lorsque comme lui, on est amen√© √† migrer loin de chez soi. Si Pedram √©tudie la g√©ologie √† l’Universit√© Rennes 1, c’est davantage autour de questionnements intimes, personnels autant qu’universels, que s’est dirig√© son travail d’√©criture.

A travers le travail sur la lettre, Pedram m’a ainsi fait part de ses r√©flexions sur le temps qui passe, sur les difficult√©s √† se conna√ģtre soi-m√™me et √† comprendre les autres, sur les effets de la distance sur la relation aux proches et aux territoires. Le travail de traduction s’est av√©r√© aussi laborieux que passionnant tant les id√©es de fond qu’il y √©voque sont difficilement transposables en fran√ßais, tout comme l’esth√©tique de son √©criture. Mais les discussions nous ont progressivement permis de creuser et de nous mettre d’accord sur une production qui rende compte autant que possible, du moins il nous l’a sembl√© √† tous les deux, de ce que souhaitait projeter Pedram avec ce courrier.

Ces rencontres ont aussi √©t√© l’occasion d’√©changer √† propos de po√©sie persane, de l’histoire litt√©raire de l’Iran et de l’ancrage culturel que me semblait manifester cette lettre, en m√™me temps que Pedram y exprime sa sensibilit√© singuli√®re et ses r√©flexions et sentiments personnels. Il y parle du ciel, des id√©es et des croyances, et de la terre, des hommes et du quotidien. C’est finalement dans son lieu de travail, son bureau √† l’Universit√© Rennes 1, qu’il a ainsi choisi de r√©aliser son portrait photographiques avec Bertrand Cousseau.

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Comme lors de chaque séance photos, le portrait commence par un patient travail de discussion et de concertation

 

Durant cette s√©ance, Pedram a expliqu√© √† Bertrand ce qu’il √©tudiait et ce sur quoi portait sa lettre. Sp√©cialis√© en g√©ologie souterraine, il a alors eu cette formule : ”¬†Je travaille sur les sous-terrains mais ma lettre porte sur le ciel “.

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Bertrand en action face à Pedram

 

Pedram m’a aussi envoy√© quelques-unes de ses propres photos qui viennent illustrer le contenu de sa lettre. Elles nous montrent entre autres choses, √† Paris et √† T√©h√©ran, le ciel et la terre, l’universel et le particulier, et entre les deux, des croyances et des espoirs humains.

Paris

France

 

Cadena, Ir

Iran